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Accident de trottinette : blessé, ou poursuivi

Une trottinette électrique n'est ni un jouet ni un vélo : c'est un véhicule à moteur, avec l'assurance obligatoire, les poursuites et les droits à indemnisation qui vont avec. La plupart des gens le découvrent au pire moment — l'avis d'amende à 500 €, la garde à vue après un choc, ou le refus de l'assurance adverse. Voici les deux situations, et ce qui est vrai dans chacune.

Une trottinette électrique noire couchée sur le flanc au milieu d’un passage piéton pavé, guidon vers le ciel, dans une rue calme aux façades anciennes couleur crème, au soleil de fin de journée.
Illustration Un véhicule terrestre à moteur au sens du droit : ce qui se joue ensuite dépend du côté où vous êtes.

Accident ou amende en trottinette électrique : que risquez-vous, que pouvez-vous obtenir ?

Une trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur : sans place assise, pour une seule personne, 25 km/h au plus par construction (art. R. 311-1 du code de la route). Deux conséquences méconnues en découlent.

Côté poursuite : l'assurance est obligatoire (art. L. 211-1 du code des assurances). Rouler sans elle est un délit puni de 3 750 € d'amende, traité en pratique par une amende forfaitaire de 500 € (art. L. 324-2 du code de la route), contestable seulement dans les 45 jours et après consignation du montant (art. 495-20 du code de procédure pénale).

Côté victime : la loi Badinter s'applique (loi n° 85-677, art. 1er). Le piéton renversé est indemnisé sans que sa faute lui soit opposée, sauf faute inexcusable cause exclusive (art. 3). Le trottinettiste percuté par une voiture est indemnisé de ses blessures par l'assureur adverse même non assuré — seule sa propre faute de conduite peut réduire ce droit (art. 4).

D'abord, ce qu'est une trottinette pour le droit

Le code de la route la range parmi les engins de déplacement personnel motorisés : un véhicule sans place assise, conçu pour une seule personne, sans transport de marchandises, à moteur non thermique, dont la vitesse par construction dépasse 6 km/h sans excéder 25 km/h (art. R. 311-1 du code de la route). Le mot qui compte est véhicule : tout le reste en découle — l'obligation d'assurance, la manière dont un accident est jugé, et la manière dont il est indemnisé.

Première porte : on vous poursuit

L'amende pour défaut d'assurance — le scénario que tout le monde raconte

Il revient toujours dans le même ordre : un contrôle, un agent qui évoque une somme modeste, puis un avis d'amende forfaitaire à 500 € — et la découverte, à cette occasion, que l'assurance était obligatoire. Elle l'est : circuler avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance de responsabilité civile est un délit, puni de 3 750 € d'amende (art. L. 324-2 du code de la route). L'amende forfaitaire de 500 € — 400 € si vous payez vite, 1 000 € si vous tardez — est précisément ce qui vous évite le tribunal.

Trois choses à savoir avant de réagir :

L'accident corporel que vous avez causé

Un piéton renversé, un cycliste percuté : l'affaire change de nature. Un passage en garde à vue est fréquent après un accident corporel grave — il sert à l'enquête, il ne préjuge pas d'une incarcération. Les qualifications sont celles du droit routier — blessures ou homicide selon les conséquences, avec les circonstances aggravantes d'alcool ou de stupéfiants. Ce contentieux, ses convocations et ses audiences sont ceux que nous défendons tous les jours : la page pénal routier en décrit le déroulement.

Un point d'assurance, découvert trop tard dans presque tous les récits : votre responsabilité civile « vie privée » — celle du contrat habitation — ne couvre généralement pas les dommages causés avec un véhicule soumis à sa propre assurance obligatoire. Sans assurance de trottinette, les sommes dues à la victime peuvent vous incomber personnellement — et sur un dommage corporel, elles n'ont rien de symbolique.

La trottinette débridée

Au-delà de 25 km/h par construction, l'engin sort de la catégorie des engins de déplacement personnel (art. R. 311-1) : il devient un véhicule soumis à réception — l'homologation des cyclomoteurs. Circuler avec un engin qui n'en a pas fait l'objet est une contravention de la 5e classe (art. L. 321-1-1 du code de la route). Et la conséquence la plus lourde n'est pas là : en pratique, l'assureur qui découvre le débridage après un accident refuse sa garantie — vous répondez alors seul des dommages.

Seconde porte : vous êtes blessé

Renversé par une trottinette : vous êtes mieux protégé que vous ne le croyez

La loi Badinter s'applique à tout accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur (loi n° 85-677 du 05/07/1985, art. 1er) — une trottinette électrique en est un. Le piéton, le cycliste, le passager blessé est indemnisé de ses atteintes corporelles sans que sa propre faute puisse lui être opposée, sauf faute inexcusable qui serait la cause exclusive de l'accident (art. 3). Les moins de 16 ans, les plus de 70 ans et les personnes invalides à 80 % au moins sont indemnisés dans tous les cas.

Si le trottinettiste n'est pas assuré, ou s'il a pris la fuite, l'indemnisation ne disparaît pas : c'est le Fonds de garantie qui prend le relais (art. L. 421-1 du code des assurances). Notre page consacrée aux victimes détaille la procédure d'offre, ses délais et ses pièges.

En trottinette, percuté par une voiture : le mythe à démonter

C'est la croyance la plus répandue des forums : « je n'étais pas assuré, donc pas de recours ». Elle est fausse pour vos blessures. Votre défaut d'assurance est une infraction — elle vous concerne, vous. Il ne prive pas la victime corporelle que vous êtes du droit d'être indemnisée par l'assureur du véhicule qui vous a percuté. Ce qui peut réduire ou exclure cette indemnisation, c'est autre chose : une faute de conduite commise par vous, en tant que conducteur de l'engin (loi n° 85-677, art. 4) — et c'est précisément le terrain où tout se discute.

Une distinction y pèse plus que tout : monté sur l'engin, vous êtes conducteur — votre faute éventuelle se débat ; à pied en le poussant, vous êtes piéton — la protection de l'article 3 vous couvre. Sur un passage piéton, cette différence peut faire l'essentiel de l'indemnisation.

L'assureur adverse doit vous présenter une offre dans les délais légaux (art. L. 211-9 du code des assurances) — et la première offre est rarement la bonne mesure du préjudice. Avant d'accepter quoi que ce soit, lisez ce que nous écrivons des offres d'assureurs.

Troisième cas : vous conduisiez la voiture

C'est le récit le plus lu des forums : l'automobiliste qui percute un trottinettiste — de nuit, à contresens, sans éclairage — et qui se réveille avec une seule question : « vais-je en prison ? ». Remettons les choses dans l'ordre.

Ce que nous faisons

Le cabinet intervient de tous les côtés de ces dossiers : la défense du conducteur poursuivi — trottinettiste ou automobiliste —, l'indemnisation de la personne blessée, et le recours de celui qui a subi les dégâts. Le premier échange sert à qualifier votre situation : ce qui court comme délai, ce qui se conteste, ce qui s'indemnise. Décrivez ce qui s'est passé via le formulaire ou appelez le cabinet — si une échéance court, n'attendez pas.

Une échéance court peut-être déjà

Quarante-cinq jours pour l'amende, des délais d'offre côté assureur : des deux côtés de ces dossiers, le calendrier travaille contre celui qui attend. Décrivez votre situation — nous vous disons ce qui se conteste, ce qui s'indemnise, et dans quel délai.

Exposer ma situation → 04 78 24 81 15

Questions fréquentes

Je ne savais pas que l'assurance était obligatoire pour une trottinette : est-ce une défense ?

Non — l'obligation s'applique à tout véhicule terrestre à moteur, trottinette électrique comprise (art. L. 211-1 du code des assurances), et l'ignorance de la règle ne défait pas le délit. Souscrire immédiatement après le contrôle est utile pour la suite, mais n'efface pas les faits. Ce qui se discute vraiment : la régularité de la procédure, la qualification de l'engin, et la voie choisie — amende forfaitaire ou audience.

L'agent m'a parlé d'une petite amende, l'avis reçu dit 500 € : pourquoi ?

Parce que le défaut d'assurance n'est pas une contravention mais un délit, traité par une amende forfaitaire délictuelle : 500 €, ramenés à 400 € en cas de paiement rapide, portés à 1 000 € au-delà du délai (art. L. 324-2 du code de la route). Ce montant forfaitaire est justement ce qui évite des poursuites où l'amende peut atteindre 3 750 €, avec des peines complémentaires.

Comment contester l'amende pour défaut d'assurance ?

Par une requête en exonération dans les 45 jours, envoyée en recommandé avec le formulaire joint à l'avis — ou par téléprocédure — et accompagnée d'une consignation préalable du montant de l'amende (art. 495-20 du code de procédure pénale). Sans consignation, la requête est irrecevable : c'est le piège dans lequel tombent la plupart des contestations faites seul. Et une contestation renvoyée à l'audience change l'échelle des peines — elle se décide sur un moyen sérieux, pas sur l'agacement.

J'ai été renversé alors que ma trottinette n'était pas assurée : ai-je droit à une indemnisation ?

Oui, pour vos blessures. Votre défaut d'assurance est une infraction qui vous expose, mais il ne supprime pas votre droit d'être indemnisé par l'assureur du véhicule qui vous a percuté, sur le fondement de la loi Badinter (loi n° 85-677, art. 1er et 4). Seule une faute de conduite commise par vous peut limiter ou exclure cette indemnisation — c'est ce point qui se plaide. Les forums affirment massivement le contraire : ils confondent l'assurance de votre responsabilité et vos droits de victime.

Ma trottinette est débridée : qu'est-ce que je risque en cas d'accident ?

Au-delà de 25 km/h par construction, l'engin n'est plus un engin de déplacement personnel (art. R. 311-1 du code de la route) mais un véhicule soumis à réception ; circuler sans réception est une contravention de la 5e classe (art. L. 321-1-1). Surtout, l'assureur qui découvre le débridage après un accident refuse en pratique sa garantie : les dommages causés — y compris corporels — peuvent rester à votre charge personnelle. C'est, de loin, le risque le plus lourd.

Après un accident grave en trottinette, vais-je en garde à vue ? en prison ?

Un placement en garde à vue est fréquent après un accident corporel grave : il sert à l'enquête — auditions, vérifications, dépistages — et ne préjuge en rien d'une incarcération. La suite dépend de la qualification retenue et des circonstances, notamment d'alcool ou de stupéfiants. C'est une défense pénale routière classique, qui se prépare tôt : la première audition compte déjà.

J'ai percuté en voiture une trottinette qui roulait à contresens : suis-je responsable ?

Deux plans à ne pas confondre. Au pénal, l'enquête apprécie les fautes de chacun — un passage en garde à vue sert à cela et ne préjuge de rien. Au civil, le trottinettiste est un conducteur : sa faute de conduite — contresens, absence d'éclairage — limite ou exclut son indemnisation (loi n° 85-677, art. 4). Pour les dégâts de votre voiture face à un conducteur non assuré, le recours s'exerce contre lui, et le Fonds de garantie peut intervenir sous conditions (art. L. 421-1 du code des assurances). S'il refuse le constat : identité, témoins, photos, et déclaration à votre assureur — le constat n'est pas obligatoire, votre déclaration l'est.

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Me Charles Savary — avocat associé, Barreau de Lyon.
Contentieux automobile et défense pénale routière.