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La police a saisi votre véhicule : il était volé

Vous avez payé, vous rouliez depuis des mois, et l'on vous apprend que la voiture ne vous a jamais appartenu. Voici ce que vous pouvez encore obtenir, ce que vous ne risquez pas — et pourquoi la plainte tombe souvent un an après la vente.

Un certificat d’immatriculation et un contrat de vente posés sur une table de jardin, devant une allée de gravier vide.
Illustration Il a payé, il a les papiers. Il n’a plus le véhicule.

L'essentiel en bref

Deux principes gouvernent votre situation. La vente de la chose d'autrui est nulle (article 1599 du code civil) : votre vendeur ne pouvait pas vous transmettre une propriété qu'il n'avait pas. Et il vous doit de plein droit sa garantie d'éviction (article 1626) : il répond de la dépossession que vous subissez.

En pratique, le véhicule est très difficilement récupérable : il est remis à son propriétaire légitime. Le combat porte donc sur l'argent — obtenir la restitution du prix payé, augmentée de dommages et intérêts, en agissant contre votre vendeur sur le fondement du défaut de délivrance ou de la garantie d'éviction.

Si vous étiez de bonne foi — et cela se prouve — vous ne risquez rien pénalement, et les frais de fourrière ne sont pas à votre charge. Comptez douze à dix-huit mois pour une décision au civil, voie que nous privilégions car elle aboutit plus vite que le pénal.

Comment cela arrive

Dans les dossiers que nous traitons, la découverte se fait de deux façons, et toujours brutalement.

Lors d'un contrôle de police. Vous êtes contrôlé pour une raison quelconque, et c'est à cette occasion que le fichier révèle que le véhicule est signalé volé.

Ou sans que vous soyez là. Le véhicule est saisi en votre absence. Un client avait laissé le sien sur un parking d'aéroport le temps de ses vacances : à son retour, la place était vide. La voiture avait été saisie et placée en fourrière, sans qu'il en soit averti.

Pourquoi la plainte arrive un an après la vente

C'est le mécanisme le plus fréquent, et le plus mal connu. Il explique pourquoi tant d'acheteurs se retrouvent inquiétés très longtemps après une transaction qui semblait normale.

Un particulier vend un véhicule qui fait encore l'objet d'un contrat de leasing — LOA ou LLD — qu'il n'a pas soldé. L'organisme de financement, resté propriétaire, relance son client. Faute de règlement, et après un certain temps, il finit par déposer plainte. Voilà pourquoi des plaintes sont enregistrées un an, parfois deux ans après la revente.

L'acheteur, lui, n'avait rien à se reprocher : au moment de l'achat, aucune plainte n'existait, et aucun fichier ne signalait quoi que ce soit. Un seul document pouvait l'alerter — la carte grise.

Le réflexe qui évite tout : lire la carte grise

Quand un organisme de financement est propriétaire du véhicule, le certificat d'immatriculation porte à la fois le nom de l'utilisateur — le locataire — et celui de l'organisme de financement. Le titulaire de la carte grise n'est donc pas nécessairement le propriétaire.

Dès qu'un organisme de financement y figure, n'achetez pas en l'état. Exigez soit que le contrat soit soldé et la carte grise mise au nom du vendeur, soit un accord écrit de l'organisme organisant la cession.

Ce qu'il faut faire tout de suite

1

Récupérez le procès-verbal de saisie

Il atteste la saisie, sa date et son motif. C'est la première pièce du dossier : sans elle, vous n'avez qu'un récit.

2

Déposez plainte contre votre vendeur

Contre celui qui vous a cédé le véhicule. Cette plainte marque votre position : vous êtes la victime d'une vente qui n'aurait pas dû avoir lieu, pas le complice d'un trafic.

3

Rassemblez les preuves de votre bonne foi

Ce sont elles qui vous mettent hors de cause, et elles se réunissent mieux à chaud, tant que vous avez encore les documents et les échanges sous la main.

Risquez-vous d'être poursuivi ? Le plus souvent, non

C'est la première inquiétude, et elle est légitime : on vous apprend que vous détenez un bien volé. Mais le recel suppose la connaissance de l'origine frauduleuse. Dès lors que vous établissez que vous ignoriez, et tant qu'il n'est pas démontré que vous étiez partie prenante, il n'y a pas de risque.

Quatre éléments démontrent la bonne foi, et ce sont ceux que nous réclamons dès le premier rendez-vous :

Récupérer le véhicule, ou récupérer l'argent ?

Nous préférons le dire d'emblée : le véhicule, vous ne le récupérerez presque jamais. Il est remis à son propriétaire légitime, et cette issue ne dépend pas de vous.

L'action porte donc sur les sommes versées. Nous agissons contre votre vendeur, au choix sur le défaut de délivrance ou sur la garantie d'éviction, pour obtenir la restitution du prix d'acquisition, augmentée le cas échéant de dommages et intérêts.

Et si le vendeur est introuvable ?

C'est la vraie difficulté de ces dossiers, et nous n'allons pas la maquiller. Lorsqu'un particulier reste introuvable, le commissaire de justice dresse un procès-verbal de recherches infructueuses (article 659 du code de procédure civile), et un jugement peut être obtenu contre lui. Mais si la personne demeure introuvable, il n'y a pas grand-chose à faire : le jugement existe, son exécution non.

Face à un vendeur professionnel, la situation est plus favorable : la société est identifiable. Reste que la solvabilité demeure délicate dans tous les cas — on ne la connaît vraiment qu'au moment d'exécuter la décision.

Peut-on négocier avec l'organisme de financement ?

Dans l'absolu, oui. Il est possible d'entrer en négociation avec l'organisme pour solder le contrat et conserver le véhicule. Mais cela suppose de payer deux fois la même voiture : une première fois au vendeur — argent souvent perdu — et une seconde fois à l'organisme. La solution existe ; son coût la rend rarement satisfaisante.

Quelle voie, et combien de temps ?

Deux voies s'ouvrent : le pénal ou le civil. Nous privilégions le civil, nettement plus rapide.

Au pénal, on sait quand la plainte commence, jamais quand l'affaire viendra devant le tribunal correctionnel. Les recherches s'étirent — d'autant plus si le vendeur a déménagé — et le dossier passe d'un service à l'autre. Au civil, on assigne directement, puis l'on attend la décision du tribunal judiciaire.

12 à 18 moispour une décision au civil, selon les juridictions
Aucun fraisde fourrière à votre charge pendant la procédure

Pendant ce temps, le véhicule demeure entre les mains des forces de l'ordre, avant d'être remis à son propriétaire légitime. Les frais de garde ne vous incombent pas.

Un dossier que nous avons plaidé

Partie en vacances, revenue sans sa voiture

Une cliente laisse son véhicule sur un parking d'aéroport le temps de ses congés. À son retour, la place est vide. Elle se rapproche de la police de l'aéroport, qui lui apprend que le véhicule était signalé volé et qu'il a été placé en fourrière. Elle n'en savait rien : elle avait acheté et payé cette voiture normalement.

Nous avons engagé une procédure à l'encontre de celui qui la lui avait vendue. Le vendeur a été condamné à restituer la somme correspondant au prix payé, augmentée de dommages et intérêts.

Dossier réel, anonymisé. Chaque affaire est un cas d'espèce : ce récit décrit une stratégie, il n'annonce aucun résultat pour un autre dossier.

Votre dossier n'est peut-être pas isolé

C'est la raison pour laquelle nous demandons à voir ces dossiers vite. Une vente de ce type peut être un accident isolé — un vendeur qui n'a pas soldé son leasing. Mais elle peut aussi révéler une escroquerie organisée, où la même personne utilise des noms d'emprunt et des hommes de paille pour recommencer plusieurs fois.

Identifier une série change complètement la conduite du dossier : d'autres victimes existent, la dimension pénale prend un autre poids, et l'on ne cherche plus seulement un vendeur, mais celui qui se tient derrière.

Trois questions que tout le monde se pose

« Est-ce que j'ai vraiment un dossier ? »

C'est la première chose que nous regardons, et nous vous le disons dès le premier échange. Si votre situation ne réunit pas les conditions, nous vous le disons aussi clairement — nous n'engageons pas une procédure qui n'a pas de sens. Vous n'avez rien à préparer : nous faisons le point ensemble sur les éléments à réunir.

« Combien cela va-t-il me coûter ? »

Nos honoraires sont fixés au forfait, et annoncés avant d'engager quoi que ce soit. Vous savez donc où vous allez, sans mauvaise surprise à la fin.

Vérifiez surtout un point avant de renoncer : votre assurance de protection juridique. Elle est incluse dans beaucoup de contrats d'habitation, d'assurance automobile et de cartes bancaires, et peut prendre en charge tout ou partie des honoraires, dans la limite de ses plafonds. Beaucoup de gens l'ignorent. Et si vous en disposez, le choix de l'avocat vous appartient : votre assureur peut vous en proposer un, il ne peut pas vous l'imposer.

« Combien de temps cela va-t-il durer ? »

De douze à dix-huit mois selon la juridiction saisie. La voie amiable, lorsqu'elle aboutit, est nettement plus rapide — et c'est celle que nous privilégions chaque fois qu'elle est possible.

Venez nous voir rapidement

Exposez votre situation en quelques questions guidées. Nous la lisons, et si nous pouvons agir utilement, nous vous rappelons rapidement.

Soumettre mon dossier → 04 78 24 81 15

Questions fréquentes

La police a saisi mon véhicule car il est volé : que puis-je faire ?

Le véhicule sera remis à son propriétaire légitime : il est très difficilement récupérable. Votre action porte donc sur l'argent. Vous agissez contre votre propre vendeur, sur le fondement du défaut de délivrance ou de la garantie d'éviction, pour obtenir la restitution du prix payé et des dommages et intérêts. La vente de la chose d'autrui est nulle (article 1599 du code civil) et le vendeur doit de plein droit garantir l'acheteur contre l'éviction (article 1626).

Puis-je être poursuivi pour recel ?

Le plus souvent, non : le recel suppose la connaissance de l'origine frauduleuse. Quatre éléments démontrent votre bonne foi — le certificat de cession, un paiement par virement plutôt qu'en espèces, l'annonce publique parue sur Leboncoin ou La Centrale, et le certificat de situation administrative demandé au moment de l'achat.

Pourquoi la plainte arrive-t-elle un an après la vente ?

Parce que le véhicule était sous leasing non soldé. L'organisme de financement, resté propriétaire, relance le vendeur puis finit par déposer plainte — d'où des plaintes enregistrées un an, parfois deux ans après la revente.

Comment vérifier avant d'acheter ?

Lisez la carte grise : si un organisme de financement y figure, n'achetez pas en l'état. Demandez également un certificat de situation administrative et le rapport HistoVec, service officiel et gratuit du ministère de l'Intérieur. Le rapport ne peut être généré que par le titulaire de la carte grise : un vendeur qui refuse de le fournir est en soi un signal d'alerte.

Dois-je payer les frais de fourrière ?

Non. Le véhicule demeure entre les mains des forces de l'ordre puis est remis à son propriétaire légitime ; les frais de garde ne sont pas à la charge de l'acheteur évincé.

Pénal ou civil, et combien de temps ?

Nous privilégions le civil, nettement plus rapide : on assigne directement et l'on attend la décision du tribunal judiciaire, soit douze à dix-huit mois environ. Au pénal, on sait quand la plainte commence, jamais quand l'affaire sera jugée.

Comment un véhicule volé se retrouve-t-il en vente ?

Le plus souvent au terme d'une chaîne de reventes successives, parfois avec des documents falsifiés. L'acheteur final est de bonne foi, achète à un vendeur qui l'était peut-être aussi, et découvre la situation lorsque le véhicule est saisi — parfois des mois plus tard.

Que faut-il vérifier sur la carte grise avant d'acheter ?

C'est le réflexe qui évite presque tout : lire la carte grise. Vérifiez la concordance entre le nom du vendeur et celui du titulaire, la cohérence des dates, l'absence de mentions inattendues, et la présence éventuelle d'un organisme de financement. Une carte grise qui n'est pas au nom du vendeur doit vous arrêter.

Dois-je déposer plainte contre mon vendeur ?

Oui, et rapidement. Le dépôt de plainte fixe votre position : il établit que vous vous considérez comme victime, ce qui pèse ensuite sur l'appréciation de votre bonne foi. Récupérez également le procès-verbal de saisie, qui est la pièce de départ du dossier.

Comment prouve-t-on sa bonne foi ?

Par un faisceau d'éléments : le prix payé et son caractère normal au regard du marché, le mode de paiement et sa traçabilité, l'annonce, les échanges avec le vendeur, les vérifications que vous avez faites avant l'achat. Plus ces éléments sont documentés, plus votre position est solide.

Vaut-il mieux chercher à récupérer le véhicule ou l'argent ?

Le véhicule appartient à son propriétaire d'origine et vous ne le récupérerez pas. La question utile est donc celle du remboursement, dirigé contre votre vendeur. C'est l'axe de travail dans l'immense majorité de ces dossiers.

Et si le vendeur est introuvable ?

C'est une difficulté fréquente, mais elle n'est pas toujours rédhibitoire. Selon les cas, la chaîne des vendeurs successifs, l'existence d'un professionnel dans le circuit, ou les éléments recueillis dans la procédure pénale peuvent ouvrir d'autres recours. C'est précisément ce que nous examinons au premier rendez-vous.

Je paie encore un crédit sur ce véhicule : que faire ?

La situation est douloureuse : le véhicule a disparu, les échéances continuent. Une négociation avec l'organisme de financement est souvent possible, et elle se mène en parallèle de l'action contre le vendeur. Ne restez pas seul face à l'organisme.

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Me Charles Savary — avocat associé, Barreau de Lyon.
Contentieux automobile et défense pénale routière.